Les structures employeuses privées et publiques sont responsables d’assurer la santé et la sécurité de leurs salarié·es et agent·es
(Article L4121-1 du Code du travail et Décret n°82-453 du 28 mai 1982 relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la prévention médicale dans la fonction publique).

La Cour de cassation a rappelé en 2006 que les employeurs et employeuses sont tenues à une obligation de résultat en la matière (Cour de cassation, Chambre sociale, du 21 juin 2006, 05-43.914).

Pour cela, des actions de prévention doivent être menées tant en termes d’information que de sensibilisation et de formation (Cour de cassation, civile, Chambre sociale, 1 juin 2016, 14-19.702).

La prévention ne peut se limiter à une simple communication mais doit permettre aux salarié·es et agent·es d’identifier les situations de violences au travail, d’y réagir et de les signaler. La prévention permet également aux personnes de construire une autovigilance sur leurs propres comportements.

Les actes de violences recouvrent : les discriminations, les harcèlements (moral, discriminatoire, sexuel), les agressions physiques et sexuelles, le viol.

Si des actes de violences surviennent, les employeurs ont l’obligation de prendre toutes les mesures pour faire cesser les comportements, protéger la ou les personnes victimes et sanctionner la personne autrice. Des mesures conservatoires (mesures de sécurité temporaires) peuvent être prises, par exemple une mise à pied de la personne mise en cause ou la mise en place de la protection fonctionnelle dans la fonction publique. Des voies de signalement internes, auprès de personnes formées aux violences au travail et au recueil de signalements, doivent être mises en place afin de permettre la remontée des situations par les personnes victimes ou témoins (Article L2314-1 du Code du travail, Article L1153-1-5 du Code du travail, Décret n° 2020-256 du 13 mars 2020 relatif au dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement et d’agissements sexistes dans la fonction publique).

Pour les cas de suspicion de harcèlements et actes de violences plus graves, les employeurs et employeuses sont tenues de mener une enquête interne, ou de faire mener l’enquête par un cabinet extérieur, afin de vérifier la matérialité, la nature et l’ampleur des faits (Cour de cassation, civile, Chambre sociale, 27 novembre 2019, 18-10.551 et Circulaire du 9 mars 2018 relative à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans la fonction publique). L’enquête doit débuter dès connaissance du signalement. Elle consiste en une série d’entretiens, débutant avec la personne signalante et la personne victime (si ce ne sont pas les mêmes personnes), les témoins directs et indirects puis la personne mise en cause et ses témoins éventuels. L’objectif est de réunir l’ensemble des éléments preuves (témoignages ainsi que traces écrites, captures d’écran, vidéos etc.) puis de confronter la personne mise en cause sur chacun de ces faits afin de recueillir sa version. Le contradictoire est fortement recommandée mais pas obligatoire, selon les cas (Cour de cassation, civile, Chambre sociale, 29 juin 2022, 20-22.220).

L’enquête doit être menée de façon rigoureuse, confidentielle, impartiale, objective, loyale et proportionnée (préservant la personne victime, les témoins, la personne mise en cause et le respect de leur vie privée). Le code du travail et le code général de la fonction publique ne détaillent pas les modalités de mise en œuvre de l’enquête, son cadre est défini par les jurisprudences.

Les principales étapes d’une enquête interne

Si les faits sont corroborés par l’enquête interne, une procédure disciplinaire doit être engagée envers la personne mise en cause dans les deux mois à compter de la fin de l’enquête pour le secteur privé (Cour de cassation, Chambre sociale, du 10 juillet 2001, 98-46.180).

Si vous souhaitez créer vos procédures de prévention, signalement et traitement des situations de violences de travail
en une journée dédiée ou faire réaliser votre enquête interne :

Décision-cadre, Défenseure des droits, Recueil du signalement et enquête interne, 2025

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